Compte-rendu de la table-ronde : « renforcer l’attractivité des territoires ruraux : constats et perspectives à l’aune de la crise sanitaire »

Le 5 mai dernier, la cérémonie de remise des trophées de l’innovation rurale a débuté par une table-ronde dont l’objectif était d’interroger l’attractivité des territoires ruraux à l’aune de la crise sanitaire.

Quatre intervenants ont pris part au débat :

  • Nadine Grelet-Certenais, Maire de la Flèche
  • Corentin Emery, Responsable du Mouvement Bouge Ton Coq
  • Dominique Marmier, Président de Familles Rurales
  • Josiane Corneloup, Présidente de l’ANPP, Députée de Saône-et-Loire

Veuillez retrouver ci-dessous le compte-rendu rédigé par Sophie Boisselier, étudiante en Master à l’Université Paris Dauphine-PSL. 

 

crédit photo : Nicolas Fagot, Studio9

La crise sanitaire que nous traversons a mis en lumière les territoires ruraux et leur dynamique. En effet, l’exode urbain auquel nous avons assisté lors des confinements successifs a révélé les atouts nombreux de ces territoires. Parmi eux, nous avons relevé la capacité de résilience de nos ruralités, prouvant là leur dynamisme. Loin de l’image austère qu’on peut prêter au monde rural, nos territoires sont actifs, pleins de ressources et d’idées, comme en atteste les 92 porteurs de projet qui ont souhaité participer à ce prix.

Une perception du monde rural en évolution

En 2020, Familles rurales reconduisait avec l’IFOP son enquête de 2018 « Territoires ruraux, perceptions et réalités de vie ». A l’aune de la crise sanitaire, la perception des Français a un peu évolué et l’association en tire quatre grands messages : le premier est que l’image du monde rural s’est nettement améliorée (1) avec 72% de répondants estimant que le monde rural connait un renouveau et 94% estimant qu’il doit être mieux connu ; mais les Français pensent que les services manquent encore cruellement (2) notamment au niveau des soins de santé et de l’offre scolaire ; pour autant le retour aux territoires ruraux va de pair avec une envie de proximité, que ce soit dans les modes de production (avec près de 93% des répondants favorables à une relocation de la production industrielle.), de consommation, ou plus simplement d’implication citoyenne ; enfin, la fracture numérique doit être réduite (4) afin de permettre à tous de pouvoir travailler en étant équipé correctement, en ayant la compétence pour se servir de cet équipement et dans de bonnes conditions, c’est-à-dire dans des espaces dédiés (tiers-lieux, coworking).

Ces différents points sont autant d’opportunités pour les territoires ruraux et de solutions que les porteurs de projet du Prix de l’Innovation Rurale tentent d’apporter. Il s’agit à présent de fédérer les territoires afin d’essaimer les initiatives qui sont bénéfiques, c’est la mission que s’est donné l’Association Nationale des Pôles territoriaux et des Pays (ANPP). A titre d’exemple, le mouvement Bouge ton coq va ouvrir d’ici deux à trois ans près de 2000 épiceries associatives en ruralité, une solution pour ramener des services de proximité dans les villages.

L’attractivité : attirer et améliorer la qualité de vie

Conséquence de la crise sanitaire, le monde urbain vient regarder du côté du monde rural, s’y intéresse, souhaite y investir…mais s’agit-il pour autant d’un vrai désir de ruralité ? Ce qui est certain, c’est qu’il ne faut plus être dans une opposition, l’urbain et le rural devraient être complémentaires. D’un côté, les urbains doivent réinterroger leur mode de vie. De l’autre, pour attirer cette nouvelle population, les territoires doivent se doter de services de qualité pour maintenir un certain niveau de vie et pour tous les âges. Développer l’offre de logement, de mobilité, de loisirs, l’accès à la culture ou à la santé, proposer un cadre de vie agréable et respectueux de l’environnement avec des plans climats ambitieux, s’activer sur l’attractivité économiques en proposant des structures industrielles opérationnels aux entreprises.

Un autre enjeu crucial est celui de l’enseignement supérieur. Les emplois en ruralité sont pour beaucoup des emplois peu qualifiés et les entreprises réclament de la compétence, de l’expertise, des moyens pour mettre en place des projets. Créer des campus dans les territoires ruraux est donc très pertinent, mais cela suppose une fois de plus de s’intéresser à la question du logement. De même, pour attirer et retenir les jeunes travailleurs, il faut absolument développer l’offre culturelle et sportives, pouvoir leur offrir des lieux de socialisation et des opportunités pour leurs conjoints. C’est en travaillant sur ces différents points qu’on pourra faire rester les jeunes sur les territoires.

Enfin, la relance doit aussi passer par le monde rural car il représente près d’un tiers de la population française. Il faut donner la capacité aux populations rurales d’agir pour elles-mêmes. Cela passe par des moyens financiers, par le soutien à l’entrepreneuriat, social notamennet. Bref, la mise en place de dispositifs favorisant la participation des habitants aux projets locaux a été considéré comme un point important du développement du monde rural.

Vous pouvez retrouver l’intégralité de la table-ronde sur YouTube. 

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